Les femmes sous-représentées à la tête des grands groupes suisses


  • 29 Juin 2020
Les femmes sous-représentées à la tête des grands groupes suisses
En 2020, les femmes ne sont que 11,5% à siéger à la direction des entreprises pour les sociétés du SMI. Eric Audras / PhotoAlto

Les entreprises helvétiques cotées au SMI ne comptent toujours que peu de femmes à leur direction et au sein des conseils d’administration. La situation globale s’améliore mais la Suisse reste la dernière du classement européen en terme de mixité dans les comités de direction.

Même si la situation s’est quelque peu améliorée, les femmes sont toujours sous-représentées à la tête des grandes entreprises helvétiques. Parmi les groupes cotés à la Bourse suisse, quasiment aucun n’est dirigé par une femme.

Alors qu’en 2016, les femmes au sein des conseils d’administration des entreprises cotées à l’indice vedette SMI représentaient une part de 21%, ce pourcentage a augmenté au fil des ans pour atteindre cette année 28%, selon une étude publiée dimanche par le cabinet de recrutement de cadres dirigeants Russell Reynolds.

Mais il n’y a guère que l’horloger Swatch à avoir confié la présidence du conseil d'administration à une femme, Nayla Hayek.

Une seule directrice financière

En 2020, elles ne sont que 11,5% à siéger à la direction des entreprises pour les sociétés du SMI et à peine 7,8% pour celles de l’indice élargi SMIM. Au niveau des 20 sociétés du SMI, aucune n’est dirigée par une femme et seul le cimentier Lafargeholcim compte une directrice financière en la personne de Géraldine Picaud.

Dans le classement des sociétés les plus vertueuses en la matière figurent l’assureur Zurich Insurance avec une part de 27% au comité de direction, suivi par la banque Credit Suisse (25%), le laboratoire Novartis (23%) et Lafargeholcim (20%).

Des entreprises comme l’opérateur Swisscom, l’assureur Swiss Life, le chimiste de la construction Sika et le spécialiste de l’inspection et de la certification SGS ne comptent par contre aucun membre féminin au sein de leur direction.

La situation est à peine meilleure si l’on considère la cinquantaine d’entreprises cotées sur l’indice élargi SMIM. Seul le chimiste Ems Chemie est dirigé par une directrice générale, Magdalena Martullo-Blocher, tandis que le spécialiste des véhicules de voirie Bucher a embauché une femme, Manuela Suter, au poste de directrice financière, poursuit l’étude.

La Suisse au fond du classement européen

Ems-Chemie affiche une part féminine de 33% dans son comité de direction, suivi par le groupe industriel Oerlikon (25%) et Bucher (22%). Le producteur de valves VAT, la société immobilière Swiss Prime Site et le fabricant d’ascenseurs et d’escaliers roulants Schindler n’ont par contre intégré aucune femme dans leur direction.

Malgré l’amélioration globale de la situation, la Suisse fait toujours pâle figure comparé aux autres pays européens. Les plus vertueuses en terme de mixité dans les directions sont les sociétés norvégiennes avec une part féminine de 27%, suivies par la Suède (24%) et le Royaume-Uni (23%).

La Suisse avec sa part de 11,5% au sein des comités de direction se trouve au fond du classement, devancée par l’Italie (12%) et l’Allemagne (14%). La France affiche une part de 20%.

«En Suisse, la fonction de cadre dirigeant se féminise. Si le taux de croissance de cette année est conservé, les conseils d’administration des 50 plus grandes entreprises auront dans environ deux ans une part féminine de 30%», a indiqué Matthias Oberholzer de Russell Reynolds.

Les entreprises helvétiques devraient donc arriver à se conformer de justesse à la législation qui prévoit, pour les sociétés cotées d’au moins 250 employés, des quotas de 30% de femmes dans les conseils d’administration et de 20% des cadres.

(ATS/NXP)

Source: TdG


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Julie CHAPON