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Au Brésil, les footballeuses remportent le match de l’égalité salariale


Au Brésil, les footballeuses remportent le match de l’égalité salariale
Les joueuses brésiliennes de football lors du Mondial 2019. Photo : Getty Images / LOIC VENANCE
  • 03 Septembre 2020

La Confédération brésilienne de football a annoncé mercredi sa décision d’attribuer « le même montant pour les primes et les indemnités journalières aux hommes et aux femmes » en sélection.

Les joueuses de la sélection brésilienne de football ont remporté leur combat pour l’égalité salariale, avec l’annonce historique par leur fédération, mercredi 2 septembre, de primes équivalentes à celles de Neymar et des autres stars de la sélection masculine.

Le président de la Confédération brésilienne de football (CBF), Rogério Caboclo, a fait part en conférence de presse de sa décision d’attribuer « le même montant pour les primes et les indemnités journalières aux hommes et aux femmes » en sélection. « Ainsi, les joueuses vont gagner autant que les joueurs, il n’y a plus de différence de genre, la CBF traite hommes et femmes de façon égalitaire », a-t-il ajouté. C’est loin d’être le cas au sein des clubs, avec une différence de salaires abyssale entre hommes et femmes, dans le monde entier.

Grâce aux mesures annoncées par la CBF, les joueuses appelées en sélection féminine gagneront les mêmes montants que les hommes à chaque rassemblement, y compris pour les primes de match attribuées lors de compétitions internationales.

« L’an prochain, elles gagneront les mêmes primes que les hommes lors des Jeux olympiques. Et lors de la prochaine Coupe du Monde [en 2023], les primes seront les mêmes, proportionnellement à ce qui est attribué par la FIFA [Fédération internationale de football] », a expliqué M. Caboclo.

Pays traditionnellement machiste

La Fédération australienne de football avait déjà annoncé l’égalité salariale entre hommes et femmes, en novembre 2019. En mai dernier, les championnes du monde américaines avaient été défaites sur le terrain judiciaire, un magistrat ayant débouté leur demande d’égalité de rémunération.

La Suédoise Pia Sundhage, sélectionneuse du Brésil depuis juillet 2019, n’a pas caché sa satisfaction à l’annonce de cette avancée historique pour l’égalité hommes-femmes, dans un pays pourtant connu pour être traditionnellement machiste. « J’espère que tout le monde arrive à voir le sourire dans mes yeux [elle portait un masque en conférence de presse]. C’est historique. C’est très spécial de pouvoir faire partie de tout ça. Nous allons travailler avec ardeur, je suis chanceuse », s’est-elle félicitée.

Les joueuses brésiliennes avaient déjà touché des primes équivalentes à celles des hommes lors du Tournoi de France, organisé en mars.

La sélectionneuse de 60 ans, qui a mené les Américaines à deux titres olympiques en 2008 et 2012, a également célébré l’arrivée d’une femme, Duda Luizelli, à la coordination des sélections féminines, poste occupé auparavant par un homme.

Et la CBF a également créé un nouveau poste-clé, celui de coordinatrice des compétitions de football féminin. C’est Aline Pellegrino qui sera chargée de l’organisation des tournois de clubs au Brésil.

Record d’audience

Le pays compte actuellement 36 clubs professionnels, répartis dans deux divisions. En 2010, la CBF a payé les mêmes primes aux hommes et aux femmes pour ses championnats nationaux.

Mais au pays du « roi » Pelé, où la Seleçao masculine détient le record de titres mondiaux, avec ses cinq étoiles sur son maillot jaune et vert, le football féminin a souvent du mal à se faire une place, malgré la popularité de Marta Vieira da Silva, communément appelée Marta, élue six fois meilleure joueuse du monde.

Vice-championne du monde en 2007 et médaillée d’argent aux Jeux olympiques de 2004 et 2008, la sélection féminine a été éliminée en huitièmes de finale par la France (2-1, après prolongations) lors du dernier Mondial, en 2019.

Ce match avait vu Marta et ses coéquipières battre un record d’audience à la télévision brésilienne pour un match féminin, avec plus de 35 millions de téléspectateurs.

AFP


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