La Gironde, premier département à expérimenter un congé menstruel et ménopause


La Gironde, premier département à expérimenter un congé menstruel et ménopause
  • 30 Juin 2023

L'ensemble des conseillers ont voté en faveur de cette proposition, qui souhaite adapter les conditions de travail pour les femmes souffrant de douleurs liées aux règles et celles en situation de ménopause ou préménopause.

 

Le département de la Gironde veut permettre à toutes les femmes de travailler dans de bonnes conditions, même en cas de règles douloureuses ou de symptômes liés à la ménopause. Un dispositif voté à l'unanimité des membres du conseil départemental ce lundi, et qui devrait être mis en place prochainement pour toutes les femmes travaillant au sein du département, représentant environ les deux tiers des 7000 agents de cette collectivité territoriale.

Concrètement, cette mesure prévoit d'adapter le poste de travail, en permettant de travailler debout ou assis en fonction des besoins, pour que la femme soit dans la situation la plus confortable possible. Le département veut également donner la possibilité à ses agents féminins de télétravailler le plus possible lors de périodes incommodantes, et souhaite offrir des temps d'activités adaptés et des temps de repos complémentaires si besoin, en lien avec la médecine du travail.

Ouvert aux personnes transgenres

Un dispositif unique, mais qui s'inspire de ce qui est fait ailleurs en France et en Europe. Plusieurs entreprises ou collectivités ont en effet déjà expérimenté des dispositifs similaires, comme la mairie de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), qui permet désormais aux personnes souffrant de règles douloureuses ou d'endométriose de prendre jusqu'à deux jours de congé en présentant un certificat médical. Le département de la Gironde va un peu plus loin car c'est la première fois que ce dispositif de congé menstruel est également pensé pour les femmes à l'approche de la ménopause.

«On est extrêmement fiers de pouvoir porter ce projet parce qu'il nous permet de prendre en compte une réalité sociale qui jusqu'alors était quelque peu niée, refusée ou contournée», explique Arnaud Arfeuille, vice-président du conseil départemental chargé des ressources humaines, qui porte ce projet avec Marie Récalde, conseillère départementale déléguée à la diversité et l'égalité. Il s'agit également d'une «approche globale», précise Arnaud Arfeuille, car ce dispositif s'adresse aux femmes et aux personnes transgenres, non binaires ou intersexuées. «Le département de la Gironde a une vision très inclusive, qui permet à chacune et chacun en fonction de sa situation de se trouver dans les meilleures conditions pour travailler.»

Cette expérimentation de la Gironde intervient quelques semaines après le dépôt d'une proposition de loi des parlementaires écologistes, qui prévoit de généraliser le congé menstruel dans la fonction publique mais également dans toutes les entreprises, en l'inscrivant dans le Code du travail. Les députés de gauche et écologistes revendiquent vouloir «déviriliser le monde du travail», pour que «le corps de la femme soit reconnu en entreprise». En avril, la première ministre, Élisabeth Borne, a quant à elle annoncé vouloir «faciliter» les initiatives des entreprises en ce sens.


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